Agriculteur en difficulté : demander une aide à la relance de l’exploitation agricole

Le dispositif d’aide à la relance de l’exploitation agricole (AREA) vise à apporter une réponse à des difficultés structurelles identifiées en facilitant notamment la restructuration des dettes de l’exploitation par un engagement dans un plan de restructuration, de manière à rendre l’exploitant capable de faire face à ses échéances.

Le dispositif AREA comporte 2 modalités indissociables :

Pour qui

Le demandeur doit, au moment de la demande d’aide :

Dans le cas d’une société constituée de plusieurs associés, il est considéré que le demandeur est éligible dès lors qu’au moins l’un des associés-exploitants remplit l’ensemble des conditions d’éligibilité.

Par ailleurs, pour être éligible à l’aide, l’exploitation doit :

A l’exception des exploitations faisant l’objet d’une procédure judiciaire de redressement, de sauvegarde ou de règlement amiable (donc avant jugement d’homologation du plan ou jugement de fin de mission du conciliateur par le tribunal), l’exploitation doit également :

Quand

Lorsque les conditions ci-dessus sont remplies et que l’exploitation n’a pas bénéficié d’une aide AREA (ou du précédent dispositif AGRIDIFF) liée à un plan de restructuration clos depuis moins de 5 ans.

Comment

L’agriculteur valide avec la cellule départementale d’accompagnement des agriculteurs en difficulté le principe de la mise en place d’un plan de restructuration sur son exploitation (hors cas de procédure judiciaire de redressement, de sauvegarde ou de règlement amiable), puis il renseigne le formulaire de demande d’aide AREA qu’il transmet à la direction départementale des territoires (DDT(M)) (ou à la DAAF pour l’Outre-mer).

La DDT(M) vérifie le respect des conditions d’accès au dispositif, puis demande à l’exploitant de lui transmettre son projet de plan de restructuration dans un délai de 6 mois (délai sans objet dans le cas d’une procédure judiciaire de redressement, de sauvegarde ou de règlement amiable).

Le plan de restructuration comporte les mesures de restructuration et les engagements des parties prenantes : organismes bancaires et sociaux, créanciers, bénéficiaire de l’aide. L’exploitant s’engage notamment à assurer une « contribution propre » (pouvant provenir des ressources propres de l’exploitation, mais également d’une contribution de ses actionnaires ou créanciers) à hauteur d’au moins 25 % des coûts totaux de la restructuration, à respecter les engagements définis dans le plan et à mettre en place, en même temps que le plan de restructuration, un suivi technico-économique de son exploitation. Le plan est établi pour une durée n’excédant pas 7 ans, toutefois il peut le cas échéant s’appliquer dans le cadre d’une restructuration de la dette sur une période plus longue s’il est établi dans le cadre d’une procédure judiciaire.

Le suivi technico-économique vise à apprécier le bon déroulement du plan de restructuration et le retour progressif à la rentabilité de l’exploitation. Il est réalisé par un expert choisi par l’exploitant sur une liste d’experts habilités par le Préfet et tenu à la confidentialité des informations recueillies sur l’exploitation. Le suivi technico-économique s’applique a minima sur 3 ans.

L’aide à la relance de l’exploitation agricole comprend éventuellement une prise en charge du surcoût induit par un réaménagement ou une consolidation des prêts bancaires, une prise en charge d’intérêts bancaires, une prise en charge d’intérêts de prêts ou facilités de paiement auprès des fournisseurs, une prise en charge de dividendes correspondant aux intérêts des prêts dans le cadre d’un plan de redressement judiciaire ou de sauvegarde, ou une prise en charge de la prestation de suivi technico-économique mise en œuvre dans le cadre du plan.

Elle peut être accompagnée d’une prise en charge partielle des cotisations sociales impayées ou du surcoût induit par la mise en place d’un échéancier de règlement des cotisations sociales.

L’aide de l’État à la relance de l’exploitation agricole est plafonnée à 10 800 € pour la première unité de travail non salariée (UTANS), puis à 10 000 € par UTANS supplémentaire, dans la limite de 2 unités par exploitation (sauf pour les GAEC), ce plafond étant majoré de 2 000 € par salarié équivalent temps plein dans la limite de 10 salariés et diminué du montant des cotisations sociales ou du coût d’un échéancier de règlement des cotisations sociales pris en charge par le Fonds d’Action Sanitaire et Social (FASS). Un complément d’aide peut le cas échéant être apporté par les autres financeurs publics (collectivités territoriales, Chambre d’agriculture,...).

L’aide de l’État à la relance de l’exploitation agricole est versée par l’ASP :

Procédure

Pour les demandes d’aide :

(Ouvre une nouvelle fenêtre) Formulaire Cerfa 16015*02 de demande d’aide à la relance de l’exploitation agricole

(Ouvre une nouvelle fenêtre) Notice Cerfa 52292*02 relative à l’utilisation du formulaire de demande d’aide à la relance de l’exploitation agricole


Pour les demandes de paiement relatives à une décision d’octroi de l’aide à la relance de l’exploitation agricole à compter du 7 août 2022 :

(Ouvre une nouvelle fenêtre) Formulaire Cerfa 16280*01 de demande de paiement de l’aide à la relance de l’exploitation agricole

(Ouvre une nouvelle fenêtre) Notice Cerfa 52383#01 relative à l’utilisation du formulaire de demande de paiement de l’aide à la relance de l’exploitation agricole


Pour les demandes de paiement relatives à une décision d’octroi de l’aide à la restructuration de l’exploitation agricole antérieure au 7 août 2022 :

(Ouvre une nouvelle fenêtre) Formulaire Cerfa 16031*02 de demande de paiement de l’aide à la restructuration de l’exploitation agricole

(Ouvre une nouvelle fenêtre) Notice Cerfa 52299#02 relative à l’utilisation du formulaire de demande de paiement de l’aide à la restructuration de l’exploitation agricole


Pour les demandes de paiement relatives à une décision d’octroi de l’aide au suivi technico-économique de l’exploitation agricole antérieure au 7 août 2022 :

(Ouvre une nouvelle fenêtre) Formulaire Cerfa 16016*02 de demande de paiement de l’aide au suivi technico-économique de l’exploitation agricole

(Ouvre une nouvelle fenêtre) Notice Cerfa 52293#02 relative à l’utilisation du formulaire de demande de paiement de l’aide au suivi technico-économique de l’exploitation agricole


Vous pouvez adresser le dossier de demande par voie postale ou électronique à la DDT(M)/DAAF du département où est localisée votre activité.

Pour adresser le dossier par voie électronique :

imprimer et renseigner le formulaire ;

le scanner ou le photographier ;

l’envoyer, accompagné si besoin des documents demandés numérisés.

voir les Conditions générales d’utilisation (CGU) du « Service de saisie par voie électronique du Ministère de l’agriculture »
Chaque fichier numérique est limité en taille à 15 Mo.

En savoir plus

D’autres possibilités peuvent être proposées à un exploitant qui connaît des difficultés identifiées en amont ou à l’issue d’un audit global de son exploitation.
Un (Ouvre une nouvelle fenêtre) vade-mecum, disponible sur le site du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, recense les outils disponibles que ce soit au niveau social, bancaire, fiscal.